I- Talant & son origine

1. Au temps des Ducs

2. Patrimoine d’aujourd’hui

II- L’église Notre Dame de Talant

1. Les vitraux

2. Le mobilier

3. L’orgue

 

Aux portes de Dijon, la commune de Talant situé à 355m d’altitude offre une vue imprenable qui s’étend, par temps clair jusqu’au Mont-Blanc.

 

 

I- Talant & son origine

1. Au temps des Ducs

 

Autrefois, le mons de Talanz était un lieu inhabité, presque maudit car soi-disant fréquenté par les fées. Le nom de Talant servait d’ailleurs à désigner une montagne isolée.

D’abord possession de l’Abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, c’est en 1208 qu’Eudes III en devient le propriétaire et y entreprend la construction d’une forteresse.

Septième Duc de Bourgogne de la lignée capétienne, il cherche alors à s’affranchir de la tutelle des barons et du haut clergé.

En novembre 1216, Eudes III accorde aux habitants de Talant le droit de s’administrer eux-mêmes en promulguant la «Charte de Commune», les dispense d’impôt et de service militaire.

Après sa mort en 1218, les successeurs s’évertuent à agrandir le domaine et confirment les privilèges de Talant.

D’abord sa veuve Alix de Vergy, jusqu’à la majorité de son fils, Hugues IV, puis son propre fils Robert II.

Par la suite, les grands ducs de Bourgogne tels que Philippe le Hardi, son fils Jean Sans Peur ou encore Philippe le Bon en deviennen t l’héritier et contribuent à la prospérité de Talant. En 1376, on y compte environ 700 âmes. Durant quatre siècles, (1209-1609), le château de Talant fut la citadelle et la bastille de Bourgogne.

En 1634, une épidémie de peste éprouva cruellement Talant. Quatre ans plus tard, il n’y restait plus que 300 habitants.

À la suite de l’édit royal de 1692, qui transformait les magistratures électives par des offices perpétuels, l’échevinage de Talant devint une «mairie» (1694). Dès lors, Talant vit son maire perpétuel, vêtu de la robe rose de satin violet, figurer dans les cérémonies où se rassemblaient tous les magistrats des villes de la Bourgogne.

 

 

 

 

A l’origine, c’est le blason ducal de Bourgogne ancien, celui du fondateur de la ville, Eudes III, modifié.
Par la suite, le blason de Talant a été l’objet des soins du service héraldique du Roi Louis XIV qui le modifia et prit décret.

 

 

 

 

Outre les bandes azur et or, ce blason fait apparaître en « couronne », divers fruits (raisin, cerises, prunes, blé, pommes, églantines), les principales productions anciennes de Talant, et en « chapeau », une courrone murale d’or crénelée et ouverte de deux portes d’azur, rappelant les deux portes de l’enceinte de Talant : la porte dijonnaise et la porte des Arbalétriers.

 

 

2. Patrimoine d’aujourd’hui

Depuis le début du XXe siècle, la configuration du plateau de la Cour-du-Roy a quelque peu changé. Beaucoup d’arbres ont été coupés, ceux qui restent sont des noyers centenaires.

À l’évidence, le plateau de la Cour-du-Roy n’est plus le terrain de jeux très prisé des enfants. Il conserve néanmoins un point de vue hors norme où chacun peut se repérer à l’aide d’une table d’orientation. Il est aussi devenu le rendez-vous du souvenir, accueillant presque toutes les cérémonies patriotiques, mais aussi un lieu de mémoire, depuis l’installation du monument aux morts qui rappelle les noms des Talantais morts pour la France depuis la Première Guerre mondiale.

 

 

Le cellier de la Cour du Roy

 

Le sous-sol de l’esplanade conserve jalousement depuis plus de trois siècles l’un des derniers vestiges de l’antique forteresse des Ducs de Bourgogne.

Après sa démolition décidée par Henri IV en 1598, le souvenir du château sombra bientôt dans l’oubli.

Cette grande cave est supportée par trois piliers cylindriques qui divisent la salle en huit travées sur deux nefs. Long de 25,80 m, large de 5 m, le cellier montre sur ses parois latérales les traces de huit caveaux où vieillissait le bon vin. Une neuvième voûte, face à l’escalier, marque le départ d’une galerie qui conduisait vers le puits du château.

Après la démolition de la forteresse, le cellier fut loué aux vignerons de Talant, puis il fut fermé au XIXe siècle.

En 1979, sa restauration a été décidée et s’est achevée en 1983 après de longs et minutieux travaux.

Aujourd’hui, il présente deux salles : la salle haute pouvant accueillir 50 personnes et la salle basse (la plus belle avec son plafond voûté d’ogives), environ 100 m², pouvant recevoir 70 personnes. Elles sont destinées à l’organisation de diverses réunions ou fêtes de familles.

Le Cellier est un édifice inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

 

 

II- L’église Notre Dame de Talant

 

 

 

L’église paroissiale, dédiée à l’Assomption de Notre-Dame, a été édifiée au début du XIIIe siècle pour desservir le bourg fortifié construit par le duc de Bourgogne Eudes III.

Orienté d’Est en Ouest, ce vaste édifice de forme basilicale se situe en arrière de cette grande terrasse qui formait en partie la cour du château que l’on appelle encore aujourd’hui

« la Cour du Roy ».

Terminée au XIVe siècle, elle fut consacrée le 2 juillet 1430 par Charles de Poitiers, évêque de Langres, ainsi que le porte une inscription gravée sur un des piliers de la nef principale.
Notre-Dame de Talant est l’une des toutes premières églises entièrement gothique du duché.

 

 

Ce labyrinthe, situé sur le parvis de l’église côté nord, existe parait-il, depuis plusieurs siècles… Celui que l’on peut voir aujourd’hui fut refait récemment.
Il est fait de briques de granit gris disposées en un cercle avec plusieurs chemins intérieurs dessinés avec le même matériau. Un tout petit couloir fabriqué avec les mêmes couleurs et types de pierre se trouve dans l’ancienne entrée ouest de l’église.

 

 

 

1. Les vitraux

 

C’est l’une des rares églises de France entièrement pourvue de vitraux contemporains figuratifs au XXIe siècle.

 

 

À l’origine, le chevet était fermé. Il a été percé au XVIe siècle pour apporter un peu de lumière.
Le vitrail symbolise «Notre-Dame de la terre et du ciel». Il est dû au peintre Gérard Garouste et au maître verrier Pierre-Alain Parot (1998).

Les vitraux de Gérard Garouste sont assez connus dans l’univers du renouveau du vitrail depuis les années 1990.

Dans un entretien, celui-ci exprime sa vision artistique des œuvres qu’il réalise pour les églises : «L’idée est d’être avant tout tolérant. Il s’agit de montrer ses idées sans gêner. Il ne faut pas oublier que c’est un lieu public, un lieu religieux où les hommes sont censés venir prier. Et l’idée est de ne pas troubler leurs prières, mais, par contre, de proposer quelque chose pour réparer les erreurs du passé. Ce qui est à réparer est une certaine forme d’interprétation, surtout par rapport à l’icône qui est totalement ennuyeuse et idolâtre»

 

1. Adam 2. Eve 3. Le paradis

1.Capharnaum 2.Déborah 3.Myriam

 

L’église de Talant est placée sous le vocable de la Nativité de Marie (fête le 8 Septembre).

 

 

Le thème illustré par les 46 baies s’appuie sur des textes bibliques se référant à Marie et à l’histoire du Salut.

 

 

 

2. Le mobilier

 

Le mobilier de l’église comporte entre autres, une riche statuaire.

Une partie peut provenir de la chapelle du château voisin, détruite en 1645. Mais il est beaucoup plus probable qu’elle a été faite pour cette église.

Talant était en effet, à la fin du Moyen-Age et au XVIe siècle, une ville prospère.

 

 

 

 

 

Sainte Marguerite d’Antioche, pierre polychrome, XVIe siècle.

Dénommée à tort « Sainte Marthe ».

Ste Marguerite sort d’après sa légende, du corps du dragon qu’elle a vaincu grâce à une petite croix, alors que Ste Marthe traîne avec elle un dragon (Tarasque) enchaîné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Etienne, pierre polychrome, œuvre dijonnaise du début du XVIe siècle.

La personne à genoux, coiffée de la layotte bourguignonne, est une donatrice de Talant mais non un portrait.

On la retrouve dans un bas-relief du couvent des Dominicains de Dijon, vendu vers 1930. C’est une caractéristique d’atelier.

Le saint porte les pierres de sa lapidation.

 

 

 

 

 

 

 

Grande Mise au tombeau, pierre du début du XVIe siècle; œuvre très remarquable, l’un des meilleures de Bourgogne.

On reconnaît de gauche à droite : Joseph d’Arimathie, Sainte Madeleine, une sainte femme, la Vierge, Saint Jean (qui essuie une larme), un homme et Nicodème.

 

3. L’orgue

 

 

Réalisé en 1958 pour l’église de Taizé (Saône-et-Loire), l’orgue abrité au sein de l’église Notre-Dame a été acheté en 1974 par la ville de Talant.

Confié en 1996 à la maison Metzler (Suisse), c’est elle qui lui donne son aspect et sa sonorité actuels. L’orgue de Talant est la première réalisation « Metzler » en France.

Il est salué par les musiciens qui le découvrent comme une réussite exceptionnelle alliant puissance, clarté et poésie.

Au point de vue technique, un orgue Metzler se caractérise par une transmission purement mécanique, une soufflerie en plein vent, un buffet en chêne massif au dessin sobre, des tuyaux en métal martelé au fort titrage d’étain, le tout réalisé exclusivement selon des méthodes artisanales éprouvées.

Au point de vue sonore, on y rencontre toujours un chœur de jeux principaux à l’éclat chantant et rayonnant, des jeux flûtés chauds et poétiques et des anches à la force pleine de caractère. Un ensemble de 1014 tuyaux, dont 967 en métal et 47 en chêne massif a permis une transfiguration sonore. Ces traits, communs à tous les orgues Metzler, en garantissent la perfection et laissent suffisamment d’espace à la personnalité de chaque instrument.

La tribune a été dessinée en 1996 par Eric Pallot, architecte en chef des Monuments Historiques pour s’harmoniser visuellement et acoustiquement avec l’orgue. Elle a été réalisée en chêne blond de Bourgogne par l’entreprise Richard à Dijon.

 

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